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Jean CALAS (1698-1762)

-Les adieux de Calas à sa famille- détail
Les adieux de Calas, Gravure de Daniel Chodowiecki

Jean Calas naît près de Castres en 1698 dans une famille protestante convertie en apparence au catholicisme après la révocation de l’édit de Nantes en 1685 et l’interdiction des religions réformées. Il s’installe à Toulouse comme marchand drapier, rue des Filatiers. La famille Calas continue à pratiquer discrètement le calvinisme dans un contexte hostile aux protestants. Aussi, lorsque Marc-Antoine, un des fils de la famille, est retrouvé pendu le 13 octobre 1761, le voisinage et le capitoul François Raymond David de Beaudrigue, chargé de l’enquête, se persuadent que Jean Calas a tué son fils car celui-ci aurait voulu se convertir sincèrement au catholicisme. De plus, Jean Calas commet l’erreur de vouloir cacher le suicide de son fils, acte condamné par l’Église.

Toute la famille et les personnes présentes sur place sont arrêtées. L’enquête exclusivement à charge ignore tous les éléments qui plaident en faveur du suicide. Les interrogatoires du père tentent tous de démontrer la culpabilité de Jean Calas. Le 15 octobre, celui-ci finit par reconnaître avoir trouvé son fils pendu et avoir dissimulé ce fait pour « conserver l’honneur de la famille ». L’enquêteur rejette cette seconde version et lance un monitoire, une enquête publique, pour prouver le projet de conversion du défunt. Il recueille 87 dépositions « par ouï dire ou autrement ». Ces témoignages peu convaincants lui suffisent. Marc-Antoine Calas est inhumé après une cérémonie catholique solennelle et une procession suivie par 20.000 personnes.
Le 18 novembre 1761, les capitouls délibèrent et concluent à la culpabilité de Jean Calas, de son épouse et de son fils cadet. Les Calas font appel devant le Parlement de Toulouse qui casse la sentence des capitouls, le 5 décembre 1761, pour illégalité. Après de longs débats, le 9 mars 1762, Jean Calas est finalement condamné à mort. En outre, avant son exécution, il est torturé pour obtenir des aveux qui viendraient compenser l’absence de preuves. Le 10 mars 1762, après avoir été roué vif, Jean Calas est étranglé pour abréger ses souffrances. Jusqu’au bout, il proclame son innocence.
Le 18 mars 1762, le Parlement se prononce sur le sort des autres accusés. Ils sont relaxés, sauf Pierre Calas qui est banni à perpétuité. Enfermé au couvent des Jacobins, il parvient à s’en évader. En prison, les deux fils Calas, Pierre et Alexandre, se sont convertis au catholicisme.

Voltaire, par l’entremise du négociant protestant Dominique Audibert, en voyage dans la région de Genève, prend connaissance du procès. Il rencontre Donat Calas, l’un des fils, qui le convainc qu’il s’agit d’une erreur judiciaire. Dès lors, avec énergie, le philosophe utilise tous ses réseaux de relations pour obtenir la réouverture de « l’affaire Calas ». En un an, il écrit 200 lettres pour demander la révision du procès. Il fait installer la famille Calas à Paris pour qu’elle y rencontre les gens influents. Dès le 1er mars 1763, la requête est déclarée admissible. Le 7 mars, l’affaire est portée devant le Conseil du roi. Cette même année 1763 paraît le Traité sur la tolérance, de Voltaire. Le 4 juin 1764, le Conseil du roi casse les sentences du Parlement de Toulouse sur les co-accusés et décide la révision du procès. Le 9 mars 1765, la réhabilitation de Jean Calas, de sa famille, de Jeanne Viguière et Gaubert Lavaysse est prononcée.

Les Archives Départementales de la Haute-Garonne conservent le dossier de l’instruction du procès et le jugement par les capitouls, la condamnation en appel par le Parlement, une correspondance entre l’Intendant du Languedoc en résidence à Montpellier, Monsieur de Saint-Priest, et son subdélégué à Toulouse d’Amblard, et deux lettres de Voltaire.

Lettre de Voltaire à M. de Chenevières, premier commis des bureaux de la guerre, 20 mars 1765. AD HG, 1 J 611


Lettre de Voltaire à M. de Chenevières, premier commis des bureaux de la guerre, 20 mars 1765. AD HG, 1 J 611

Arrêt de condamnation de Calas, 9 mars 1762. AD HG, 1 B 3850

 
Arrêt de condamnation de Calas, 9 mars 1762. AD HG, 1 B 3850 (numérisation en cours) 1/9
Arrêt de condamnation de Calas, 9 mars 1762. AD HG, 1 B 3850 (numérisation en cours) 2/9
Arrêt de condamnation de Calas, 9 mars 1762. AD HG, 1 B 3850 (numérisation en cours) 3/9
Arrêt de condamnation de Calas, 9 mars 1762. AD HG, 1 B 3850 (numérisation en cours) 4/9
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Arrêt de condamnation de Calas, 9 mars 1762. AD HG, 1 B 3850 (numérisation en cours) 7/9
Arrêt de condamnation de Calas, 9 mars 1762. AD HG, 1 B 3850 (numérisation en cours) 8/9
Arrêt de condamnation de Calas, 9 mars 1762. AD HG, 1 B 3850 (numérisation en cours) 9/9

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