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Paléographie en ligne

Transcription de l'arrêt du parlement de Toulouse condamnant à mort Arnaud du Thil,
alias  Martin Guerre (12 septembre 1560)

Documents de travail




Page 1 : lignes 1 à  34

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Page 1
Old Man - close-upLignes 1 à  5, page 1
The Donkey - close-upLignes 6 à  12
Mother and Child - close-upLignes 13 à  18
Part four - close-upLignes 19 à  23
Part five - close-upLignes 24 à  27
Part six - close-upLignes 28 à  34
(fin de la page 1)

Page 2 : lignes 35 à  51

Old Man - close-upLignes 35 à  40
(page 2)
The Donkey - close-upLignes 41 à  47
Mother and Child - close-upLignes 48 à  51
Part four - close-upsignatures
Archives départementales de la Haute-Garonne, 1 B 3432

Commentaire historique
Nous vous présentons l'épilogue judiciaire d'une affaire très célèbre depuis le XVIe siècle : d'abord grâce au magistrat rapporteur du procès lui-même, Jean de Coras, puis à des romanciers (Alexandre Dumas), des cinéastes (le film de 1982 Le retour de Martin Guerre réalisé par Daniel Vigne avec Gérard Depardieu et Nathalie Baye), des hommes de théâtre...

Martin Guerre est l'époux de Bertrande de Rols durant 8 ans au village d'Artigat (canton du Fossat, Ariège). En 1548, il disparaît sans laisser de trace. En 1556, surgit un personnage qui connaît bien des détails de la vie de Martin, passe pour lui aux yeux de tout le village et de Bertrande, vit avec cette dernière durant 3 ans et lui fait deux filles. Mais il entre en conflit avec son oncle Pierre Guerre, qui s'est remarié avec la mère de Bertrande, pour des questions d'héritage.
Pierre Guerre accuse le pseudo Martin d'être un imposteur. Son procès est jugé à Rieux, puis en appel au parlement de Toulouse. C'est pendant le procès de Toulouse que surgit le vrai Martin Guerre, qui avait beaucoup voyagé en Espagne et en Flandres durant sa longue absence. Le faux Martin Guerre s'avère être Arnaud du Thil, dit Pancète, de Sajas. Celui-ci est condamné à mort, pour adultère et fraude, le 12 septembre 1560, et pendu à Artigat le 16 septembre.


Commentaire paléographique

Nous sommes en présence d’une écriture gothique très appliquée, typique du XVIe siècle.

La physionomie générale de la page est marquée par les traits obliques vers la gauche, très gras, des d ; par les attaques obliques de la droite vers la gauche, très fines, de certaines lettres : les a (comme dans an, à la première ligne), les c (comme dans Cognard à la 4e ou Coras, à la 5e), les o (comme ouy, à la 17e) ; et les verticales des s.

Les lettres majuscules. Contrairement à aujourd’hui, elles ne sont nullement réservées aux noms propres ou au début de phrase. Elles sont employées en début de mot, sans que l’on puisse percevoir la logique qui conduit le scripteur à les employer. Ainsi Jour (1ère ligne) ; En ou Présens (2e), Juge et A (6e), etc. Remarquer le ductus [la décomposition et le sens dans lequel les lettres sont écrites] des majuscules très fréquentes :

  • E (dans En, 2e ligne) ;
  • C (en deux traits, et non un seul comme aujourd’hui, dans Carrière, 5e ligne) ;
  • R, toujours très reconnaissable (comme dans Rieux, 6e ligne) ;
  • S, comme dans Sera à la 19e ligne.

Il faut s’habituer aux formes particulières, mais très régulières, de certaines minuscules gothiques.

  • le e (comme dans douziesme, de, septembre à la 1ère ligne) ;
  • le c, qui se fait en deux traits de plume dont le deuxième se lie à la lettre suivante par le haut, comme dans procès (6e), ou Pancete (7e) ;
  • le m et le n, qui à l’initiale, partent de sous la ligne (moys, mil à la 1ère ligne), ou en finale, plongent sous la ligne (En, 2e, Martin, 7e) ;
  • le s, qui a dans ce texte trois forme : en crosse, vertical, à l’initiale ou dans le mot (douziesme, septembre, à la 1ère ligne) ; en forme de sigma grec ou de petit 6 en finale (c’est la forme gothique la plus ancienne), comme responses (10e ligne) ou baillées (15e) ; comme un e gothique avec une double boucle, très lisible dans moys (1ère) ou messieurs (2e) et surtout Coras (5e) ;
  • le t final, dont la barre horizontale est sur la ligne comme dans néant (20e).

Les abréviations sont peu nombreuses :

  • abréviations par contraction, marquée soit par la suscription de la deuxième partie du mot : sepbre = septembre (1ère) ; appant = appelant (8e) ; ou par un tilde marquant l’abréviation : Linquion = l’inquisition (8e) ; réquions = réquisitions (15e)
  • abréviation par suspension, marquée par un trait descendant ou montant : criminelle (2e), procureur (15e) ;
  • abréviation par signe particulier : les deux lettres ur sont rendues par le signe présent dans Jour (1ère) ou court (9e) ; les trois lettres con par le signe évoquant un 9 dont la partie basse part vers la droite comme dans confrontations (13e) ou conclusions (14e) ; p surmonté d’un tilde signifie pre- ou pri- (prisonnier, à la 7e ligne) ; q surmonté d’un tilde que (que, à la 19e ligne) ; enfin une syllabe qui comporte un r est souvent abrégé comme dans criminelle (2e) ou Martin (11e et 12e )

Notons enfin le signe abréviatif de et à la 3e, 10e , 15e ligne, etc.

En savoir plus
  • ZEMON DAVIS (Nathalie), CARRIERE (Jean Claude), VIGNE (Daniel), Le retour de Martin Guerre, Paris, Robert Laffont, 1982, 269 p. (avec bibliographie complète)
  • La notice sur Martin Guerre de Wikipedia
  • CORAS (Jean de) Arrest mémorable du Parlement de Tolose, contenant une histoire prodigieuse, de notre temps, avec cent belles et doctes annotations..., Lyon, Antoine Vincent, 1561 ( et autres éditions postérieures).

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