s ad31 - Exposition - Jean Thomas, chargé de mission pour l'étude des pêcheries

Regards sur le Maroc

Jean Thomas, chargé de mission pour l'étude des pêcheries

Jean Thomas est né à Toulouse en 1890. Il est mort à Banyuls-sur-Mer le 23 janvier 1932 à 41 ans. En 1911, âgé de 21 ans, il obtient le certificat de P.C.N. (Physique Chimie Sciences naturelles), puis est incorporé pour deux ans dans le 53e Régiment d'infanterie à Perpignan, puis mobilisé en 1914 pour la "Campagne contre l'Allemagne". Au cours de cette Grande Guerre meurtrière, il est gravement blessé. Sa jambe brisée est sauvée de l'amputation par de multiples interventions sous chloroforme et de longues convalescences hospitalières.
Jean Thomas, licencié ès Sciences naturelles en 1917, consacre une grande partie de son temps à une collection de spécimens du "Règne animal", et crée un vrai et scientifique musée d'enseignement zoologique dans son village de Saint-Paul-sur-Save. En 1921, Jean Thomas, à Paris, intègre l'École des Hautes Études comme préparateur au laboratoire de "productions coloniales d'origine animale" du Muséum national d'Histoire naturelle. Il est chargé de missions scientifiques exploratoires pour le Muséum et le Ministère des colonies, et effectue, en véritable anthropologue, sept missions en Afrique entre les années 1922 et 1929, avec pour objectif principal l'étude des pêcheries, le développement, pour les populations locales de l'alimentation azotée par le poisson. Il a également la charge importante de rapporter des espèces animales vivantes et mortes.


Le Maroc constitue la première mission scientifique exploratoire de Jean Thomas ; il s'agit d'une mission dite "gratuite" selon les termes du Muséum. Du 14 mars au 4 août 1922, après s'être remis d'un grave accident de voiture à Settat où il est le seul survivant des quatre passagers, Jean Thomas étudie les pêcheries, le long de la côte marocaine, en vue de leur développement possible, mais également la faune dans l'intention de compléter la collection de son musée zoologique. Sur place, l'administration coloniale est à sa disposition pour l'aider dans son parcours dans lequel sa seule solde de préparateur s'avère tout à fait insuffisante, et de plus les séquelles sourdes de son accident de voiture le contraindront à écourter quelque peu la Mission.
Jean Thomas fut un homme de Foi, explorateur assoifé d'être et de savoir, un écorché vif. Seule une force physique et une volonté persévérante acharnée, lui permirent là encore de surmonter les graves et profondes périodes dépressives de sa destinée.
Il rapportera de nombreuses photographies de ses parcours terrestre et maritime le long des côtes et des différents cours d'eau marocains, images destinées à illustrer l'ensemble de sa Mission.


Le fils de Jean Thomas, le docteur Pierre Thomas, a préservé et conservé ce fonds patrimonial familial ; il l'a de plus valorisé grâce à des montages vidéo numérisés mettant en scène les photographies accompagnées des notes de terrain de Jean Thomas. En 2011, Pierre Thomas a déposé l'intégralité des plaques photographiques argentiques originales aux Archives départementales de la Haute-Garonne qui ont apprécié leur valeur de grande qualité historique, scientifique et esthétique.



À noter : les légendes des images ci-dessous sont celles attribuées par Jean Thomas.


Villes et scènes de vie

Marrakech, sur la place Djemaa El Fna. Amuseurs de foules exécutant leurs exercices au milieu de grands cercles de spectateurs jamais lassés.								Avril 1922 (64 Fi 9) Rabat, sous les remparts extérieurs de la Médina, convoi de dromadaires. 1922 (64 Fi 141) Salé, cigogne dans le patio. Avril 1922 (64 Fi 67) Rabat, place du marché, porteur attendant du travail. Mars 1922 (64 Fi 158) Casablanca, les indigènes font leur provision d'eau à la fontaine, emplissant des outres à peau de chèvre. Mars 1922 (64 Fi 84)
Casablanca, indigènes vendant ou donnant suivant les jours un quart d'eau aux passants. Ils transportent le liquide dans des outres en peau de chèvre et attirent l'attention au moyen d'une clochette. Mars 1922 (64 Fi 85) Taroudant, sous les fortifications. Départ de Jean Thomas avec le Docteur Nain et leurs hommes pour l'étude de la faune de l'Oued Sous. Mai 1922 (64 Fi 2)



Techniques de pêche

Baie du Cap Ghir, indigène venant de capturer une sargue à la ligne. Mai 1922 (64 Fi 32) Rade d'Agadir-Founti, départ pour la pêche à la ligne. Mai 1922 (64 Fi 24) Rade d'Agadir-Founti, prise d'une daurade. Mai 1922 (64 Fi 27) Baie du Cap Sim, pêche à la palangre. Mai 1922 (64 Fi 146) Cap Sim, pêche des crustacés au crochet dans les rochers de la plage. Mai 1922 (64 Fi 155)



Vente du poisson

Casablanca, sardines à la criée. Juin 1922 (64 Fi 40) Rabat, le marché aux poissons. Avril 1922 (64 Fi 142) Rabat, marché sous les remparts extérieurs de la Médina. Juillet 1922 (64 Fi 96) Marrakech, marché aux aloses dans la Médina. Avril 1922 (64 Fi 11) Marrakech, marché aux poissons dans la Mellah (ville juive). Avril 1922 (64 Fi 10)



Oued, baies et embouchures

L'oued Nefiffik près de son embouchure. Juin 1922 (64 Fi 166) Embouchure de l'oued Bouregreg, dans le fond à droite Salé, à gauche Rabat. Vue prise des Oudaïa. Mars 1922 (64 Fi 211) Embouchure de l'oued Tamrat. Mai 1922 (64 Fi 31) Embouchure de l'oued Aït-Tameur, jeune interprète de Jean Thomas. Mai 1922 (64 Fi 36) Baie du cap Ghir, caravane de Jean Thomas sur la plage d'Immadert entre Agadir et Mogador. Mai 1922 (64 Fi 128)