Cinq siècles de justice à Toulouse

Les bâtiments judiciaires Toulousains

Gilbert Cousteaux, Conseiller à la cour d'appel, magistrat délégué à l'équipement
Le salon d'Hercule
Le salon d'Hercule
Le palais de justice de nos jours, place du Salin
Le palais de justice, place du Salin
Il hante la mémoire des Toulousains. Sa localisation est connue, son aspect extérieur aussi. Il apparaît sur le blason de la ville : le Château narbonnais, puissante forteresse érigée au XIe siècle, à l'extérieur du rempart romain, à l'emplacement d'une construction probablement édifiée au Ier siècle avant J.C., à la porte méridionale de la cité.

Résidence des comtes de Toulouse, il est remis en 1229 au roi de France et accueille Philippe III le Hardi, Philippe le Bel et Charles VI, de passage dans la ville. Au XIVe siècle, la reconstruction des remparts intègre la forteresse, protégée par une barbacane, dans la nouvelle enceinte de la ville.

En 1444, le parlement s'installe au Château narbonnais et siège dans la salle neuve, construite au XIIIe siècle. Edifiée à l'extérieur du château, la grand'chambre est achevée en 1492. En 1549, le château menaçant de tomber en ruines, Henri II en ordonne la démolition qui est terminée en 1555. Confiée tout d'abord à Nicolas Bachelier puis à Dominique Bertin, son collaborateur, le nouvel ouvrage à peine commencé est saccagé en 1563 à deux reprises, les Toulousains ne voulant plus d'une forteresse sur le territoire de la ville.

En 1576, l'emplacement libéré par la démolition du Château narbonnais est concédé provisoirement à des tenanciers de boutiques et de buvettes. C'est ainsi que se développe un quartier commerçant à proximité immédiate des locaux occupés par le parlement qui s'enrichit, au XVIIe siècle, de la chambre dorée et de la chambre d'Hercule.

Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, le parlement est constitué par un enchevêtrement de salles, de bureaux, de boutiques, qui a justifié la rédaction en 1778 d'un rapport de l'ingénieur François Garipuy devant les états de Languedoc ; mais, les travaux préconisés sont repoussés en raison de leur coût particulièrement élevé.

La première moitié du XIXe siècle voit la construction, sur le site, de plusieurs bâtiments, d'après les plans de Jean-Pierre Laffon, architecte départemental, qui a entre autres conçu l'école vétérinaire de Toulouse aujourd'hui détruite.

La prison est édifiée entre 1822 et 1827 - elle sera occupée par la gendarmerie à pied à partir de 1872 après une restructuration accompagnée de démolitions -, la cour d'appel entre 1824 et 1833, la cour d'assises entre 1824 et 1831 ; cette juridiction a été remaniée en 1859 et 1860 par Jacques-Jean Esquié qui a réalisé la prison Saint-Michel entre 1857 et 1868. Quant au tribunal de première instance, créé en 1800, il fut d'abord installé dans le palais de l'ancien sénéchal, situé dans l'actuelle rue de Rémusat. Trois ans après son installation, il souffrait déjà d'un déficit de surfaces ; pour y rémédier, conformément aux plans de l'architecte Laffon, entre 1845 et 1850, sont construits de nouveaux locaux, jouxtant la cour d'appel.

En 1958, le tribunal de grande instance a succédé au tribunal de première instance. Avec l'explosion des contentieux, l'insuffisance des surfaces n'a fait que s'accroître et a justifié une première extension en 1971, au départ des militaires de la gendarmerie. En 1986, est intervenue une deuxième extension par l'acquisition de locaux situés rue Darquier. L'éclatement des services se poursuit en 1994 du fait de l'impérieuse nécessité de louer des bureaux afin d'assurer un accueil digne des justiciables.

En 1965-1966 a été construit sur les allées Jules-Guesde et selon les plans de l'architecte Georges Alet, le tribunal d'instance qui a remplacé en 1958 les justices de paix.


Le salon d'Hercule
Photographie Cl. J.-F. Peire, Inventaire général/Spadem : 94-31-229 VA 94-31-245 XA
(légende : Hercule combat le lion de Némée).


Le décor de cette pièce, actuellement bureau d'un magistrat, comprend neuf caissons représentant des travaux d'Hercule. Sculptés à la fin du XVIIe siècle dans du chêne, leur polychromie a disparu. Au-dessus de la cheminée, un relief en bois montre le Jugement de Salomon qui a les traits de Louis XIV adolescent.


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Le palais de justice de nos jours, place du Salin
Photographie.
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