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Henri Jansou photographe (1874-1966)

Sa méthode de travail



Le reportage photographique

Au début du XXe siècle, Henri Jansou réalise ses premiers clichés sur plaque de verre, support relativement encombrant, lourd et fragile.

Les éditions Labouche proposent à la vente, des vues des Pyrénées, de la mer Méditerranée jusqu’à l’océan Atlantique, et du grand Sud-Ouest. Le photographe se déplace dans les différents lieux pour effectuer son reportage. Le voyage se fait parfois en groupe : peut-être un des Messieurs Labouche, le représentant commercial qui à cette occasion rend visite à quelques clients et le photographe.



  • Société des wagons foudres, Béziers : dépotoir
    Le figurant en costume n'est autre que M. Hébrard, représentant commercial de la maison Labouche.
  • Le Tarn. 222. Labastide-Rouairoux : la route nationale.
    Le groupe dans la rue comprend M. Hébrard, représentant commercial de la maison Labouche.
  • Le Tarn. 621. L'industrie lainière à Mazamet : les balles de laine dans le hall de la gare.
    M. Hébrard est encore présent dans ce hall de gare


Pour les photographies prises en montagne, se pose le problème du transport du support photographique. Les plaques de verre étant lourdes à porter, un mulet se charge de les acheminer durant le périple. Le photographe est accompagné par un guide local ou un berger, qui lui signale les sites pittoresques et lui précise les noms de lieux.

  • Verso de la photographie, avec commentaire des Labouche :
    " Je n'ai jamais vu ce nom de Mounies, qui a dû être donné par le berger qui accompagnait M. Jansou. Je serais d'avis de maintenir ce nom ".

Le guide sert aussi de figurant, pour donner un repère de l'échelle humaine face au gigantisme de la montagne.

  • Les Hautes-Pyrénées. 1447. Gavarnie : les glaciers du Taillon et le Taillon (3146m.)
  • Les Hautes-Pyrénées. 1453. Cirque de Troumouse : la Munia (3150 m.) et la naissance du gave de Héas.
  • Les Hautes-Pyrénées. 1455. Cirque de Troumouse : la Munia et le mont Arrouye.

Pour les villes et les villages, le reportage photographique s’effectue de la façon suivante : une ou plusieurs vues générales sont effectuées, avant de pénétrer à l’intérieur des lieux et de se concentrer sur les rues et les monuments. Henri Jansou est à la fois photographe de paysage, photographe de la vie quotidienne et photographe d’architecture. Suivons la démarche de notre photographe à Bessières, un jour de marché.

  • 741. Bessières : vue générale.
  • 740. Bessières : vue générale du pont et du village.
  • 742. Bessières : le pont suspendu
    Le champ photographique se resserre sur le pont.)
  • La Haute-Garonne. 745. Bessières : la mairie et l'église.
    Le photographe est entré à présent dans le village. Le champ est encore large et embrasse la place centrale avec la mairie et l'église.
  • 743. Bessières : l'église
    La vue se concentre sur l'édifice. Le soleil est déjà haut dans le ciel, le photographe joue avec les ombres. Il donne à voir l'architecture de l'église en choisissant un axe vertical. Des indices (tombereaux) nous indiquent qu'une foire a lieu ce jour-là.
  • 744. Bessières : le champ de foire.
    Vue de la foule présente pour la foire aux bœufs.



Analyse d'images

Chaque photographe développe son propre style, compose son image en fonction du sujet (champ de vision plus ou moins large) et de la lumière (période hivernale ou estivale, pendant laquelle il joue avec les ombres et le soleil). Il choisit de faire poser des personnages ou les saisit dans leur vie quotidienne. Examinons le même endroit pris à deux époques différentes par les deux photographes de la maison Labouche, Amédée Trantoul (1837-1910), puis Henri Jansou (1874-1966).



  • Haute-Garonne. 114. Etablissement thermal de Ganties-les-Bains. Photographie Amédée Trantoul
    Amédée Trantoul compose son image en trois lignes parallèles qui s'enfuient vers le fond de l'image (le bâtiment et les deux rangées d'arbres). Il invite son personnage, un enfant, à se placer au centre du chemin.
  • Haute-Garonne. 114. Ganties-les-Bains : l'établissement. Photographie Henri Jansou.
    Henri Jansou choisit une autre perspective, il se place en biais presque devant le bâtiment et assez éloigné, pour donner une vision de l'ensemble. Les arbres feuillus occupent une grande partie de l'image. La lumière et le soleil jouent dans les feuillages et donnent à la scène une ambiance chaude et joyeuse.



Selon le sujet, Henri Jansou travaille les vues selon un axe horizontal ou vertical.

  • L'Ariège. 286. Saverdun : la Grand'rue.
    Cette rue est traitée selon un axe horizontal.
  • L'Ariège. 522. Le Mas-d'Azil : la rue Droite
    La rue est photographiée en format vertical, pour donner l'impression de longueur et de profondeur.
  • L'Ariège. 603. Foix : pont de St-Jean de Verges sur l'Ariège, près de Foix.
    Le photographe donne de l'importance à la largeur du pont et du cours d'eau.
  • L'Ariège. 660. Léran : le pont de la route d'Aigues-Vives
    La hauteur des arbres est ici mise en valeur.
  • L'Ariège. 422. Daumazan : le clocher.
    L'image donne au clocher la place principale dans l'image, tandis qu' un élément de vie est introduit avec la présence d'un groupe d'enfants qui chahutent.
  • L'Ariège. 516. Le mas-d'Azil : l'église.
    Le bâtiment est pris dans son ensemble.
  • L'Ariège. 418. Labastide-Besplas : château de Bandeigne.
    Le photographe joue avec la symétrie du bâtiment. En pliant l'image en deux, les deux tours se superposent.