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Fédération Historique de Midi-Pyrénées

puceHistoire de l'industrie en Midi-Pyrénées de la préhistoire à nos jours

Soreze (Tarn)
23-25 juin 2006


Résumé des communications

> Bassin industriel du tarn
> Archéologie et arts populaires
> Hommes et femmes dans les industries
> Hommes et femmes dans le textile
> Phénomènes d'industrialistion douce
> Transformation des matériaux
> Patrimoine industriel et muséographie
> Bassins industriels (suite)

puceBassins industriels du tarn
Président : Jean FAURY

Bernard de SEREVILLE et Michel MAUREL
La vivante industrie de l’arrondissement de Castres  


Au cours de l’histoire, l’aire de l’arrondissement de Castres – qui aujourd’hui comprend entre autres centres Graulhet, Lavaur et Mazamet – a de tous temps abrité une activité industrielle majeure. La présence de ressources naturelles, minérales, sylvestres, … d’une terre fertile et d’eaux abondantes, ont permis à une population travailleuse et aux qualités entreprenariales, d’avoir un développement sous forme artisanale, puis en suivant les différentes époques de l’industrialisation.

Le milieu du XIXe siècle marquera l’apogée des activités industrielles «traditionnelles» : textile, cuir, mécanique, chimie fine.

La mutation en profondeur réalisée depuis, grâce en particulier à une innovation importante, a entraîné une considérable modification des produits offerts, des systèmes de production associés et des structures entreprenariales, tout en conservant certaines places traditionnelles. Agro-alimentaire, carrières et matériaux de construction, travail de la pierre, nouvelles filières textile et cuir, chimie spéciale, transformations du bois, … se sont engagés dans les voies d’une performance dynamique et raisonnable.

La modernité de cet appareil industriel et marchand, directement issue de l’expérience de ces hommes, permet d’envisager avec optimisme une présence réelle dans la nouvelle approche économique.

Henry MANAVIT
Les industries de Graulhet, des origines à nos jours


Parler de Graulhet, c’est expliquer comment s’est développée sa vocation industrielle.

D’abord celtique dans ses environs, acropole gallo-romaine et cité médiévale, isolé au cœur du département du Tarn, en bordure de la rivière le Dadou aux eaux génératrices, un bourg est né dans des conjonctions particulières.

L’homme du pays graulhétois est agriculteur, potier, tisserand, chapelier, tanneur puis mégissier, nobles artisan de la peau et du cuir.

Dans la diversité de ses composantes, son parcours est jalonné d’événements sociaux, de contrastes, d’affrontements livrés à l’ombre d’un clocher, dans le ciment qui fait sa renommée.

Comment ses mentalités, ses forces, ses faiblesses, ses successives reconversions, ses multiplicités se sont heurtées aux diverses dépressions d’hier et d’aujourd’hui ?

Les appréhender, c’est écrire son exceptionnelle énergie, l’histoire d’un riche passé économique qu’on ne saurait manquer d’interroger en devenir.

Rémy CAZALS
Le système mazamétain


Mazamet est le cas unique d’une ville industrielle textile ayant gagné une notoriété internationale grâce à la reconversion qui l’a transformée en important fournisseur de laine, obtenue par délainage de peaux de moutons massivement importées.

La genèse du système mazamétain sera rappelée, avec la double innovation commerciale et industrielle : l’idée géniale d’aller acheter en Argentine les peaux de moutons portant encore leur toison ; le procédé naturel de délainage à l’échauffe qui permet de retirer toute la laine sans abîmer le cuir. Le système s’est consolidé par la création d’un réseau d’achat, avec des comptoirs tenus par des Mazamétains en Amérique du Sud, et par la prolifération des usines de délainage sur l’Arnette et les autres rivières du bassin. La forte capacité de traitement industriel à Mazamet donnait un poids considérable à la place et assurait sa position dans les relations commerciales, achat et vente. Des industries annexes se créaient. Toute la ville devait son activité à la peau de mouton, et quelques-uns lui devaient leur fortune.

Une véritable « conscience de place » contribua au succès jusqu’aux années 70 du XXe siècle. C’est l’étude du cas mazamétain qui a attiré l’attention des historiens de l’industrie sur la notion de « conscience de place », plus ou moins présente dans les autres centres de production.


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puceArchéologie et arts populaires
Président : Yves BLAQUIERE

Christian SERVELLE
Le façonnage des lames de haches en pierre polie et en cuivre au Néolithique
(IVe et IIIe millénaire avant notre ère) en Midi-Pyrénées : artisanat ou industrie ?

Une dizaine de sites d’extraction préhistoriques importants par leur ampleur et ouverts dans des roches litées, massives ou à texture fibreuse, furent exploités en moyenne montagne, dans la partie sud-ouest du Massif Central (Tarn, Aveyron) et dans les Pyrénées centrales et ariégeoises. Ces mines et carrières, associées à des ateliers de façonnage des ébauches et des préformes de lames de haches, herminettes et ciseaux, ont fonctionné de la fin du Ve millénaire à la fin du IIIe millénaire avant J.-C.. Dans le même temps, se développent de grands ateliers dans le bassin sous-pyrénéen, à proximité des cours d’eau, principalement la Garonne. Ces ateliers produisent et diffusent par milliers des ébauches et préformes de haches sur galets, dans différentes directions (Albigeois, basse vallée du Tarn, coteaux gersois…). Les chaînes opératoires appliquées sur ces divers sites montrent des similitudes qui ne paraissent pas fortuites. On décèle parfois un fort degré de spécialisation dans l’organisation des tâches, depuis l’extraction jusqu’au stade terminal que constitue le polissage. Ce dernier est généralement effectué dans les villages consommateurs.

D’autres matières, tel le sel, des produits manufacturés, à l’exemple des éléments de parure en coquillage méditerranéen, entrent dans les réseaux d’échange au même titre que les lames de pierre.

L’introduction et le développement de la métallurgie du cuivre au cours du IIIe millénaire avant J.-C. s’accompagnent de changements parfois importants dans la mise en œuvre des techniques d’extraction et surtout le traitement de la matière minérale, puisque l’action a exercer sur le matériau est radicalement différente dans le cas du minerai.

Thierry MARTIN
La poterie gallo-romaine de Montans


La céramique sigillée est une vaisselle de couleur rouge, aux formes normalisées et aux décors stéréotypés, née en Italie sur les bords de l'Arno dans la dernière moitié du Ier s. av. J.-C., qui a été produite par la suite, sous le Haut-Empire, en diverses régions du monde romain occidental. Celle-ci est considérée depuis plus d'un siècle par les historiens et les archéologues de l'Antiquité comme l'un des meilleurs marqueurs chronologiques de la romanisation et du commerce à l'époque impériale. Cette étude se propose de faire le point, de manière synthétique, sur l'activité des potiers de la manufacture rutène de Montans (Tarn), qui durant les deux premiers siècles de notre ère a inondé de ses productions sigillées non seulement une large partie de l'Aquitaine mais également tout l'arc atlantique, des côtes déchiquetées de la Galice aux abers profonds de l'Armorique et aux ports noyés de brume de la Britannia romaine. Elle montre en particulier comment un petit village de potiers gaulois des bords du Tarn, sous l'impulsion de quelques figuli venus d'Italie à l'époque d'Auguste, est devenu en quelques décennies l'un des plus grands centres céramiques de la Gaule romaine, où ont été fabriquées plusieurs centaines de milliers de vases et d'objets en terre cuite au moyen de techniques, souvent très élaborées, que l'on peut qualifier à cet égard de «proto-industrielles».

Jean-Michel LASSURE
Le retable de sainte Rufine sur les plats à décor peint
de Giroussens (XVIIe siècle)


L’exposition sur les céramiques de Giroussens, organisée en 2001 au musée Paul-Dupuy à Toulouse, a permis l’étude d’une centaine de plats et assiettes à décor peint réalisés aux XVIIe et XVIIIe siècles. Un des motifs ornant le bassin de dix-neuf plats, réalisés au XVIIe siècle, a particulièrement retenu l’attention. Il s’agit de la représentation du retable en bois sculpté, peint et doré de la chapelle qui, dans l’église paroissiale de Giroussens, est dédiée à sainte Rufine, la patrone des potiers. Bien que son aspect ait été modifié en 1637 par l’adjonction d’un tableau, représentant la sainte et sa compagne sainte Juste, réalisé par le peintre hollandais Rijck Camp puis, à une date indéterminée, d’un autel en marbre, la comparaison de ce retable mis en place en 1620 avec les différentes représentations qu’en donnent les potiers est toujours possible. Cet article montre comment ce motif, parfaitement identifiable sur certaines réalisations de qualité, se simplifie jusqu’à ce que, réduit à sa plus simple expression, il devienne pratiquement méconnaissable.

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puceHommes et femmes dans les industries

Président : Rémy CAZALS

Xavier PATIER
Une aventure industrielle hors du commun :
les Laboratoires Pierre-Fabre, dans le Tarn


Les Laboratoires Pierre-Fabre représentent un exemple unique de réussite industrielle en région.

En une génération, l’entreprise créée par M. Pierre Fabre compte aujourd’hui près de dix mille emplois répartis dans plusieurs dizaines de sites, presque tous situés dans le Sud-Ouest de la France.

Exportateur dans cent trente pays, le Groupe a su garder ses centres de décision, mais aussi ses unités de recherche et de production dans son environnement d’origine.

C’est un véritable modèle de développement que Pierre Fabre a inventé, dans la tradition renouvelée des grandes aventures industrielles du Tarn Sud.

Jean CANTELAUBE
Des Ariégeois dans les forges à la catalane de France, d’Andorre et d’Espagne : migration et industrie rurale (XVIIe-XIXe siècle)


À partir du XVIIe siècle, avec l’apparition de la forge à la catalane, la sidérurgie du pays de Foix propose un modèle industriel. Des régions désireuses de créer ou de renforcer leur industrie sidérurgique choisissent d’imiter le système productif à la catalane, tel qu’il est mis en œuvre dans les Pyrénées. Pour réussir, elles font appel aux spécialistes ariégeois. Les administrateurs, forgeurs, charbonniers et parfois mineurs du comté de Foix, engagés pour une campagne de production, se rendent dans ces régions dont ils animent les forges et les martinets. Ces migrations assurent la cohérence de la filière à la catalane et constituent un trait structurel essentiel de cette sidérurgie directe, dessinant une aire technique qui englobe le sud de la France, l’Andorre et le nord de l’Espagne. Les ouvriers ariégeois assurent le succès durable de la sidérurgie de la région d’accueil, la création de richesses, l’offre d’un produit semi-fini de qualité, des activités complémentaires pour les populations locales. Mais leur présence obligatoire en fait une main-d’œuvre chère qui verrouille l’accès à ses savoir-faire pour préserver son monopole d’embauche. Le pays de Foix, grâce aux salaires et aux primes de ses techniciens émigrés, détourne une partie des profits nés de l’industrie qu’ils ont contribué à développer. Les déplacements des hommes du fer ariégeois contredisent le schéma classique qui oppose les compagnons qualifiés très mobiles aux ouvriers-paysans qui le seraient moins.

Elisabeth CLAVERIE
Le travail des enfants dans le Tarn au XIXe siècle


Le département du Tarn s’industrialise dès le début du XIXe siècle. Quel a été le rôle des enfants dans les ateliers et manufactures ? Dans quelle proportion les principaux secteurs industriels tarnais ont employé cette main-d’œuvre abondante, flexible et bon marché ?

Dans le département comme ailleurs, les enfants travaillent dans des conditions insoutenables. La législation est lente à émerger et surtout à être appliquée. C’est ainsi que la loi de 1841 a peu d’effets, ne prenant en compte que les établissements de plus de vingt ouvriers (ce qui est plutôt exceptionnel dans le Tarn) et les inspecteurs du travail sont peu nombreux. Le sort des enfants s’améliore avec la loi de 1874 et surtout avec celle de 1892 concernant le travail des enfants mais également des femmes.

Vers la fin du siècle, l’enfant commence à être reconnu à part entière grâce à la scolarité obligatoire et aux changements de mode de vie et de mentalités. Ainsi leur effectif baisse dans les entreprises. D’une part, la main-d’œuvre enfantine n’est plus aussi attrayante pour le patron avec une législation plus sévère et des inspecteurs plus virulents. D’autre part, la conjoncture économique de la fin du siècle rend plus difficile leur embauche et les adultes ont la priorité pour limiter le chômage.

Au XIXe siècle, l’enfant a joué un rôle primordial dans le développement des industries tarnaises. Il a, à son insu, accéléré le processus d’industrialisation et permis aux patrons de dégager de meilleurs profits en maintenant de faibles salaires sur l’ensemble du siècle.

Jérôme BONHOTE
Armand Puech industriel, inventeur à la manufacture
du Moulin Gau, près de Mazamet

En 1880, la manufacture de draperie de nouveauté Alba-la-Source et Puech, près de Mazamet, connaît des difficultés dans le dégraissage de ses draps au point que ses produits qui concurrençaient jusqu’alors les draps d’Elbeuf et de Louviers se vendent moins bien et sont critiqués sur les places marchandes. Désireux de régler ce problème qui met en péril l’existence de l’usine, Armand Puech multiplie les contacts, se déplace dans les grandes villes lainières comme Elbeuf, soucieux de trouver rapidement une solution. Il appliquera, dans un premier temps à l’usine du Moulin Gau, un procédé venu d’Elbeuf qui ne fonctionnera pas mais aura le mérite de mettre en évidence une pollution de l’eau du Thoré en liaison avec l’expansion du délainage. Il met finalement au point un système de filtres qui lui apporte complète satisfaction.

L’expérience de cet industriel entrepreneur permet de plonger aux sources mêmes des mécanismes de cette invention qu’il fera breveter et qui connaîtra une diffusion internationale. La genèse de cette invention sera abordée notamment à partir du « Roman d’une invention » qu’a rédigé Armand Puech à la fin de sa vie.

Alain LEVY
Armand Puech et Henri Chabal : leur procédé de filtration des eaux et sa diffusion mondiale au XXe siècle


Le nombre particulièrement élevé à Castres de décès par fièvre typhoïde a déterminé la municipalité à entreprendre, au début des années 1920, la réfection totale des filtres de la ville. Elle a confié les travaux à la Société Henri Chabal qui a notamment mis en place un procédé de filtration portant le nom de « Système Puech-Chabal ». Or, ce procédé, reconnu comme très efficace et internationalement renommé, avait été conçu par deux ingénieurs de notre région : Armand Puech, de Mazamet, et Henri Chabal, originaire du Gard mais ayant des attaches avec la Montagne tarnaise. Qui étaient-ils ? En quoi consistait le procédé Puech-Chabal ? Quel fut en France et dans le monde le rayonnement de la Société Puech-Chabal, devenue après de décès de Puech en 1917, la Société Henri Chabal et Cie.

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puceHommes et femmes dans le textile
Président : Jean-Michel MINOVEZ

Pierre BOUYSSOU
Marguerite Jammes, trente ans de vie d’une femme, créatrice et chef d’une entreprise textile à Castres (1914-1944)


Marguerite Cassan, héritière désargentée d’une dynastie de mégissiers de Graulhet, épouse en 1901 René Jammes, fils d’un marchand drapier de Castres. Le départ de son mari au front, au mois d’août 1914, la laisse sans ressources, avec deux jeunes enfants. Un intendant militaire, ami de la famille, voyant sa détresse, lui dit : « l’Armée manque de tout. Il me faut en urgence, pour l’hiver, des gants, des chaussettes, des chandails. Si vous pouvez en fabriquer… ».

Douée d’une volonté de fer et d’un esprit d’entreprise peu commun, elle achète aussitôt trois machines à tricoter, forme avec deux jeunes employées un embryon d’atelier qu’elle va développer, grâce aux commandes militaires qui affluent, de manière exponentielle. Elle choisit, en 1917, alors que son mari est toujours au front, une raison sociale qui porte son nom : les Éts René Jammes. À la fin de la guerre, elle occupera, soit directement, soit en sous-traitance plus de trois cents ouvriers. Après la guerre, le succès considérable de son entreprise, dont les productions ont été diversifiées, entraînera, toujours sous sa direction, la création d’unités de filature et de tissage. Elle assurera la direction constante de cet ensemble industriel jusqu’en septembre 1944, au moment où l’âge, les deuils familiaux, les difficultés nées de la guerre et de l’Occupation entraîneront son départ. L’entreprise n’y survivra pas.

Sabine BOUDOU-OURLIAC
Frédéric Bourguet, un industriel en pays textile

La manufacture Bourguet est héritière d’une longue destinée textile.

Jean-Pierre Barthe est le fondateur de cette affaire textile. Il est le témoin du fort dynamisme industriel qui se manifeste à la veille de la Révolution, avec l’apparition de nombreux noms du textile. Il est un marchand de tissus à la fin du XVIIIe quand, attiré par le tissage, il décide de se convertir à la fabrication de draps. Il crée sa propre fabrique, en 1785, qui emploiera rapidement 50 tisserands. Son fils aîné lui succède jusqu’en 1832, puis c’est au tour d’Eugène son petit-fils. Son charisme et son esprit d’initiative donneront une grande impulsion à l’exploitation. Des médailles d’or, obtenues à la foire universelle de Paris en 1878, assureront dès lors la renommée de l’entreprise. Son fils Joseph lui succède en 1893, et sur l’exemple de son père, il développe l’entreprise car « il considérait que la draperie française devait être coûte que coûte à la hauteur de l’école anglaise » (Frédéric Bourguet). Son travail sera récompensé par plusieurs prix : la médaille d’or à l’exposition universelle de Paris en 1900, le grand prix à l’exposition de St-Louis en 1904. L’affaire est donc prospère quand Frédéric Bourguet en prend la direction en 1912, après la mort subite de Joseph Barthe. Il épouse sa fille adoptive, Marguerite Dubois, avec qui il aura cinq enfants, dont Jean-Jacques qui travaillera avec lui dans l’affaire comme ingénieur, puis directeur jusqu’à la fermeture. Un de ses gendres, Jean Reinaud, sera également associé à l’affaire comme directeur.

Pendant la Première Guerre mondiale, Frédéric Bourguet est mobilisé ; son usine est réquisitionnée pour les besoins de la guerre afin de fabriquer du drap de troupe. Plusieurs échanges de correspondance semblent attester que cette période est difficile pour l’entreprise, face au manque de main-d’œuvre et de matière première. Passionné de politique, Frédéric Bourguet s’investit dans les affaires de la municipalité en tant que maire, de 1919 à 1940, puis comme conseiller général du canton de Saint-Amans-Soult, de 1925 à 1966.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est résistant dès la première heure. Il siège au directoire des MUR comme responsable départemental, dès 1942. À la faveur de la rivalité personnelle entre Reille-Soult et d’Aragon, il est nommé président du Comité départemental de la Libération, où son rôle fut très modérateur. Suppléant de F. Verdeille, il devient sénateur en 1974. Membre influent de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Castres et de la Fédération française de Tissage de Laine et du Comité central de la Laine, administrateur de la Banque de France de Mazamet, il est un redoutable homme d’affaires. Frédéric Bourguet n’en est pas moins homme de cœur et sait s’investir pour les grandes causes humaines (guerre du Vietnam…). Ses talents de négociateur lui permettent de mener, avec dynamisme et réussite, son entreprise de textile avec l’aide de son fils Jean-Jacques jusqu’en 1974 où des difficultés sérieuses le conduisent au dépôt de bilan et à la fermeture, malgré une tentative de reprise sous forme de coopérative par des syndicalistes. Plusieurs décorations viendront récompenser son œuvre politique et économique (Légion d’honneur, Croix de guerre, commandeur du Mérite commercial, Palmes académiques…). Il mourra en 1978, après la fermeture définitive de son établissement.

Alain LE GUEHENNEC
L’industrie textile du Tarn, fin XXe-début XXIe siècle :
l’analyse d’un industriel actuel


Le textile du département du Tarn puise ses racines dans la nuit des temps. Il s’est développé au cœur d’une région dynamique et était, il n’y a pas encore si longtemps, un élément essentiel de l’économie tarnaise.

Il comporte de nombreuses sociétés localisées dans le bassin de Castres/Mazamet/Labastide, avec la filière complète de la fabrication textile (filatures, tissages, teintures et apprêts). Ces entreprises forment une équipe de production qualifiée, renforcée par un ensemble de sous-traitants agissant en partenaires très spécialisés, maîtrisant parfaitement l’outil de travail. Ce partenariat lui permet de répondre immédiatement à l’augmentation de la demande et de se diversifier. Le textile, métier de tradition, métier d’avenir si…


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pucePhénomènes d'industrialistion douce
Président : Denis Woronoff

Jean DELMAS
Les taillanderies hydrauliques du Rouergue,
des origines à la fin du XVIIIe siècle


Les tournals ou taillanderies hydrauliques sont mentionnées dès le XIIIe siècle dans les archives aveyronnaises. Le plus ancien connu (1281) est celui de La Roque (La Salvetat-Peyralès). En février 1300, l’abbaye cistercienne de Bonnecombe concédait, outre l’utilisation de la forge de sa grange de Bonnefon, près de Naucelle, la construction d’un « tornalh ». Celui-ci inspira peut-être aux habitants de Sauveterre, bastide sans terre, fondée en 1281, une activité originale, la coutellerie, pour laquelle les tournals étaient indispensables. On ne trouvait pas en Ségala en abondance le métal nécessaire. On le fit venir de l’extérieur (Lacaune et Foix par exemple). À la fin du Moyen Âge on comptait déjà une trentaine de tournals en Rouergue, à Camboulazet, Castelmary, Coubisou, Creissels, Gramond, Laguiole, La Salvetat, La Selve, Le Minier, Muret, Rodez, Saint-Affrique, Saint-Izaire, Sainte-Radegonde, Saint-Rome-de-Tarn, Sauveterre et Vezins. On note déjà des concentrations à Sauveterre (six ou sept) et à Creissels (au moins trois).

Quelles conclusions peut-on tirer de la répartition des cinquante tournals qui ont travaillé en Rouergue ? Au sujet par exemple des chemins de l’acier ou des concentrations industrielles ?

Yves BLAQUIERE
Verreries et verriers de la Montagne noire
du Moyen Âge au XIXe siècle


Des prospections archéologiques accompagnées de recherches dans les archives (notariales, communales, familiales) ont permis une connaissance – encore fragmentaire – de tel ou tel gentilhomme-verrier de la Montagne noire, des sites où s’exerça ce qui fut nommé « Art et Science ».

Cette connaissance serait insuffisante si elle ne servait de support à une autre approche : celle des œuvres produites en ces lieux. L’enquête révèle une production aussi mal connue que décriée. Grâce à l’action d’une famille, Arfons apporte un démenti aux jugements trop sommaires. Moussans – qui n’éteignit ses fours qu’à la fin du XIXe siècle – éclaire, de façon plus globale et diversifiée, un patrimoine considérable, riche d’interrogations.

Henry RICALENS
Revel à l’ère proto-industrielle :
les « faiseurs de bas au métier » (XVIIIe siècle)


L’introduction à Revel, à l’aube du siècle des Lumières, des « métiers à faire les bas » eut, à l’échelle de cette petite ville du Lauragais, par-delà l’incidence économique de la mécanisation de ce secteur de l’industrie textile, des conséquences sociales importantes que révèlent notamment les minutiers des notaires.

Les clauses, propres à cette activité, des contrats d’apprentissages – ouverts aux filles – font, en fait, de ceux-ci d’intéressants contrats de travail déguisés.

Les contrats de mariage nous instruisent sur l’insertion de ces artisans dans les structures sociales et les dots nous éclairent sur le niveau de fortune des familles.

Les transactions immobilières ne font pas apparaître un enrichissement de ces manufacturiers, comparable à ce que l’on constate chez les négociants de la ville voisine de Castelnaudary.

Cet épisode proto-industriel connut son apogée dans la décennie 1731-1740. Par Toulouse et Barcelone, la vente de ces bas avait gagné l’Espagne ; par Nantes elle s’était étendue aux colonies, notamment au Canada. Le déclin qui s’ensuivit fut rapide et la production s’épuisa dans les dernières années de l’Ancien Régime. L’effondrement de cette activité s’inscrit dans le droit fil de son expansion. Le faible niveau des investissements nécessaires favorisa la multiplication des ateliers et la capacité de production en vint à excéder la demande du marché ; il en résulta une politique de baisse des prix qui se fit au détriment de la qualité. Des concurrents extérieurs à la ville, mieux avisés, en tirèrent profit d’autant plus facilement que les manufacturiers de Revel ne maîtrisaient pas les réseaux commerciaux.

Les données de cette étude, axée sur Revel, sont transposables aux manufactures de « bas au métier » qui s’implantèrent dans la ville toute proche de Sorèze et connurent le même sort.

Jean-Marc OLIVIER
Les petites industries toulousaines au XIXe siècle


Le « Grand Village » toulousain du XIXe siècle a la réputation d'une ville sans tradition industrielle endogène, les initiatives seraient venues uniquement de l'extérieur et plus particulièrement de l'État. Ce constat, couramment repris par l'historiographie ancienne, mérite d’être nuancé. Ce qui était jusqu'ici assimilé à un artisanat urbain classique correspond souvent à un espace complexe de production associant parcellisation des tâches, mécanisation légère et prise en compte des fluctuations du marché européen de la mode. Ainsi, la carrosserie, la chapellerie, la chaussure, l'ébénisterie de copie et la chemiserie constituent les principaux secteurs d'une industrialisation discrète, mais réelle.

La fin des corporations jette les bases juridiques d’une évolution du monde de la boutique. Puis, l’importance du marché toulousain, dont la population progresse de 50 000 à 150 000 habitants entre 1814 et 1886, favorise le passage à une production de masse. De plus, le désenclavement de la ville facilite la prise en compte des marchés lointains. Ainsi, le canal du Midi bénéficie d’un système de navigation accélérée dès 1826. Enfin, le faible coût de la vie dans cette cité dynamisée par l’exode rural engendre l’existence d’une main-d’œuvre abondante et bon marché ; c’est à Toulouse que l’on rencontre les salaires urbains les plus bas de France. S’agit-il pour autant d’une industrialisation perpétuant le paupérisme ?

Les salaires quotidiens semblent effectivement très faibles, mais ils correspondent le plus souvent à la transcription de rémunérations aux pièces qui rendent toute évaluation très aléatoire. Le système repose donc sur des petits ateliers et des travailleurs à domicile très réactifs ; il ignore la grande usine tout en se révélant compétitif. Division du travail et spécialisation, parfois passagère, fondent la réussite de cette ruche industrielle de plus en plus féminisée. Les donneurs d’ordres, très nombreux, font preuve de dynamisme, mais les faillites demeurent fréquentes. Les volumes de production progressent cependant, à l’image de la chapellerie qui livre un million d’unités dans les années 1850, alors que sa production stagnait autour de 10 000 exemplaires au début du siècle. Les performances commerciales se révèlent de plus en plus brillantes, alimentant des exportations vers l’Italie, l’Espagne et l’Amérique latine.

Toulouse apparaît alors comme un remarquable centre du travail « en chambre », mais ses productions ne peuvent se prévaloir du « goût parisien ». Les discours sur la nébuleuse toulousaine intra-muros restent donc rares, à la différence des hagiographies dont bénéficie la fabrique parisienne. Ceci nous invite à revisiter le thème des petites industries dispersées dans les villes de province. Celles-ci participent au succès des « articles de Paris » qui n’ont parfois de parisien que le nom.

Geneviève MOULIN-FOSSEY
La broderie cordaise


L’histoire de la broderie mécanique cordaise sera faite à travers l’histoire d’Albert Gorse, cordais d’origine, qui à la fin de la guerre de 1870 a séjourné en Suisse avec le bataillon du Tarn, et découvert la broderie mécanique du pays de Saint-Gall.

Démobilisé et revenu à Cordes, il établit des relations commerciales avec Saint-Gall. La vente du vin ne réussissant pas, il décide de lancer la broderie mécanique à Cordes, en 1875.

Il achète sept métiers à bras, un terrain, emprunte des capitaux et fait venir des ouvriers suisses. Son frère Marcellin va se former à Saint-Quentin, près de Calais. La fabrique est inaugurée en juin 1881. Les commandes affluent ; le nombre de métiers se multiplie et plusieurs fabriques s’ouvrent.

Pendant 50 ans, Cordes fait de la broderie ; mais les modes changent et l’industrie périclite dans les années 1920-1930. Aujourd’hui, il reste un métier à broder au Musée municipal et à la Gaudane, l’ancienne fabrique.


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puceTransformation des matériaux
Président : Rémi PECH

Antoine DE LA VERNHE
Les moulins de l’Assou (petite rivière du Tarn) :
analyse sitologique et archéologique


La sitologie appliquée aux moulins hydrauliques de l’Assou, rivière du département du tarn :

- examen et analyse des rapports entre architecture, technique et environnement ;

- application des méthodes de l’archéologie du bâti à la compréhension des phases d’extension des moulins.

Le choix de la rivière d’Assou répond à la diversité des paysages qui la bordent et qu’elle traverse. Tout en représentant un territoire restreint et facilement appréhendable, il permet l’analyse d’une diversité importante de caractéristiques liées aux différents types de moulins hydrauliques ruraux.

Marie-France LECUIR
La briqueterie du Tarn entre 1800 et 1914


L’histoire industrielle fait la part belle au fer, au charbon, au textile, mais celle de la tuile ou de la brique n’y a pas trouvé sa place. En Midi-Pyrénées, certes, on connaît mieux la brique, mais il n’existe pas d’histoire des briqueteries : implantations, techniques, personne, activité… Nous avons exploré des sources disponibles sur les briqueteries du Tarn au XIXe siècle. La réglementation des installations dites « dangereuses, insalubres ou incommodes » a laissé des dossiers établis par les briquetiers et soumis à enquête publique en mairie, avant autorisation officielle. Leur dépouillement permet d’établir une liste d’implantations assez fiable, quoique certainement incomplète. On pourra apprécier le passage de l’artisanat à l’industrie. Enfin, on amorcera quelques comparaisons, d’une part avec l’inventaire du patrimoine de la Haute-Garonne, réalisé par Nelly Desseaux, d’autre part avec une zone de briqueteries précédemment étudiée en région parisienne.

Reine TOURNIER
Les fours à chaux et la chaux dans les plateaux
de l’ouest carmausin


Au même titre que les mines de charbon situées à Carmaux, Blaye-les-Mines ou Cagnac, dans le nord du Tarn, les fours à chaux ont créé dans cette même région de Carmaux-Monestiès les conditions nécessaires au développement d’une vie professionnelle et donc sociale très particulière. Des interactions entre industries locales ont permis le développement respectif de chacune : charbon pour chauffage des fours à chaux, chaux pour industrie du verre à Carmaux.

Cette étude sur les fours à chaux se concentre plus particulièrement sur ceux de la commune de Labastide-Gabausse et ses environs, grâce à une famille de chaufourniers qui a fourni l’essentiel des renseignements composant cet historique.

La description de la chimie de la chaux et ses différents types est suivie de la présentation de ses utilisations diverses et parfois insoupçonnées : sidérurgie, travaux publics, enduits de façade, agriculture, assainissement, raffinage, verrerie… Outre la construction en pierre brute, dont les pierres blanches sont actuellement si prisées par les acheteurs européens, la transformation de cette roche en chaux a permis son essor pour le développement de l’agriculture sur les terres acides du Ségala aveyronnais et tarnais, vers le début du XIXe siècle. Le promoteur de cette industrie paraît être le chevalier de Solages, maître des mines de charbon de Carmaux, qui aurait construit deux fours à proximité de son château. La construction de la voie ferrée Albi-Rodez au début du XXe siècle a favorisé le transport de cette chaux vers les campagnes aveyronnaises et en a augmenté la demande.

Les fours se multiplient de 1850 à 1880 : particuliers et sociétés. Le déclin s’amorce à partir de 1930.

L’exploitation manuelle est restée dans la mémoire de chaufourniers dont la description nous est précieuse ; de même que l’opération de cuisson de la pierre, ainsi que l’évolution technique des fours des origines jusqu’à nos jours.

La famille Bories a laissé sa trace grâce à l’unique usine restante et a marqué la région de 1903 à 1987. L’usine a été reprise en 1987 par des sociétés successives, nationales et internationales. Elle survit actuellement avec difficulté en raison de facteurs multiples : vieillissement des installations et éloignement des carrières (il n’y a plus d’extraction locale).

François CARRADE
Les chaux et ciments de Ranteil, près d’Albi

Les sols calcaires des collines de l’Albigeois et du Carmausin, grâce à leur excellente qualité, sont depuis très longtemps exploités pour fabriquer de la chaux.

À côté de Carmaux fonctionnent encore les fours de Labastide-Gabausse, mais c’est près d’Albi, que fut créée en 1860, par Jean-François Thermes, l’usine à chaux de Ranteil, modernisée et transformée en cimenterie en 1920, sous l’appellation de la Société des Chaux et Ciments du Languedoc.

Cette industrie connut un grand développement, puis fut reprise en 1960 par la Société Lafarge, pour s’arrêter définitivement dix ans plus tard.

À l’entrée d’Albi, les Tarnais se rappellent ces usines dont les abondantes fumées recouvraient tout le paysage d’une poussière grise, et dont il reste d’énormes silos en friche qui, à leur époque de gloire, ont fait vivre plus de trois cents familles.

C’est le souvenir de cette industrie qui sera développé.

Patrick URBANO
Sidobre, paysage et industrie : le dialogue renoué…

Aux portes du Castrais, le massif du Sidobre constitue une entité très particulière de la montagne tarnaise. Avec ses paysages granitiques pittoresques, ses carrières déchirant la forêt, ses ateliers, il offre l'image contradictoire d'un espace de loisirs et de tourisme, support d'une intense exploitation de la pierre.

Jusqu'en 1990, la question du paysage a longtemps généré la confrontation et l'absence de solution. Logique économique (250 entreprises, près de 2000 emplois) face à la protection du patrimoine, le Sidobre présentait tous les symptômes de ce classique conflit... Face à cette évolution jugée irréversible, la fin de son patrimoine naturel était même annoncée...

À compter de 1994, à l'occasion de quelques opportunités d'aménagement, une nouvelle démarche, plus singulière dans son approche, allait s'engager. Fondée sur une connaissance approfondie de la nature et de la société en Sidobre, elle allait s'appuyer sur un véritable "affectif paysager" sous-jacent. Organiser et promouvoir une réflexion, une vision de l'intérieur capables de remettre le paysage au cœur du débat local; aboutir enfin à des mesures concertées de protection, jeter les bases d'un tout nouveau dialogue...

Encore fallait-il être persuadé que le sentiment d'appartenance et l'attachement viscéral des sidobréens à leur territoire puisaient leurs racines au plus profond de ce paysage singulier...

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pucePatrimoine industriel et muséographie

Président : Jean DELMAS

Françoise HUBAUT et Sophie IZAC-IMBERT
L’apport des archives pour la connaissance de l’histoire industrielle : quelques exemples tarnais

1 – La collecte des archives « industrielles »

La mission première des Archives départementales est la collecte, le classement, la communication et la valorisation des archives publiques. Mais nous sommes appelés à accueillir aussi des fonds d’archives privés, complémentaires des sources d’origine administrative.

Certains axes sont privilégiés pour mettre en avant les caractéristiques du Tarn, en particulier sa riche histoire industrielle, même si la collecte des archives d’entreprises et plus largement des archives des organisations professionnelles ou mutualistes est une préoccupation relativement récente, qui laisse nécessairement une place importante au hasard et à la chance…, de sorte que les conditions de récupération de ces fonds obéissent à des contraintes spécifiques.

2 – Quelques exemples représentatifs

Les fonds industriels conservés aux Archives départementales du Tarn sont souvent des fonds importants tant en volume qu’en intérêt. Parmi ces fonds, seront signalés quelques exemples représentatifs, notamment les archives de la famille Cormouls-Houlès pour le délainage, celles du Saut-du-Tarn pour la métallurgie ou les archives Limouzy pour les constructions métalliques, les archives de la Verrerie ouvrière d’Albi, celles de l’industrie textile, de la mégisserie ou encore le livre de raison de Claude Choussat Cadet, marchand-fabricant d’Escoussens entre 1757 et 1809, remarquable source d’information sur la production et le commerce de la laine au XVIIIe siècle.

Philippe DELVIT et Sylvia TERJANIAN
Le fonds d’archives des Établissements Brusson jeune
à Villemur-sur-Tarn : pour une histoire de l’industrie
agro-alimentaire au XIXe et au XXe siècle


L’entreprise Brusson Jeune installée sur la rive droite du Tarn dans le moulin de la Tour connaît un essor rapide et annexe rapidement la rive gauche pour développer son activité.

L’entreprise sera une société familiale tout au long du XXe siècle et sa vente, en 1999, entraîne le dépôt aux Archives départementales de la Haute-Garonne.

Cette entreprise de pâtes alimentaires va très vite diversifier ses activités en direction des produits dits de « régime ». Les Établissements Brusson Jeune disposaient d’une autonomie de production, car ils contrôlaient le processus de fabrication de la matière première au produit fini.

Le fonds d’archives se compose d’une centaine de mètres linéaires de documents papier, mais recèle également des documents figurés dont 600 photos et plaques de verres ainsi que de nombreux objets publicitaires. Nous pouvons distinguer les archives du personnel, en nombre, très utiles à l’histoire ouvrière et les archives commerciales. L’innovation caractérise l’action des fondateurs et se trouve être la clef de la réussite de l’entreprise que l’on peut qualifier d’atypique pour la région.

Myriam DELAVALETTE et Véronique LASSERE
D’un carreau de mine à un musée,
patrimoine industriel et muséographie :
le Musée de la Mine à Cap’Découverte


Après un bref historique de l’exploitation du charbon dans le Tarn, nous présenterons les témoignages encore visibles de l’architecture minière qui a dessiné le territoire Carmausin.

En 1987, une équipe de six anciens mineurs, appuyée par la suite par une association, a sauvé le dernier témoignage sur le site de l’exploitation de charbon : un chevalement (inscrit parmi les Monuments historiques) et ses bâtiments annexes. Ils ont reconstitué 350 mètres de galeries.

En 2000, le projet de Cap’Découverte permit de développer le potentiel touristique, historique et scientifique de ce lieu. La muséographie et la scénographie sont conçues par un cabinet d’architectes muséographes.

Le parti pris d’une lecture imbriquant les éléments patrimoniaux et des éléments d’architecture contemporaine définit ce nouveau site.

La tendance actuelle de faire des produits touristiques basés sur une lecture simplifiée de l’histoire à travers peu de textes, beaucoup d’images et du son est appliquée au concept de ce musée de site. Cette façon de lire l’histoire, très ludique, et son mariage avec la notion de patrimoine posent la question de la pérennisation de ce style de muséographie.

Malika BOUDELLAL
La « mise en musée » du patrimoine industriel :
processus de deuil, support de mémoire
ou dispositif scientifique et culturel de développement


Prenant la suite du patrimoine rural et agricole, le patrimoine industriel vient nous interroger sur les conditions de sa muséographie. Depuis l’entrée dans la crise industrielle de l’Europe et de nos régions en particulier, chaque site anciennement industriel est devenu enjeu de conservation, de restitution muséale au public, objet de développement touristique. Le déclin de certaines structures muséales, parallèlement à la chute de la fréquentation touristique, et l’absence d’engouement des nouveaux publics (dont les locaux) pour ces thématiques traduisent sans doute la fin de l’ère de la mise en musée du patrimoine industriel et nous interrogent sur la pertinence et le sens de ce phénomène.

Au-delà de la seule baisse générale des moyens alloués à ces structures muséales, la question se pose de leur évolution, de leur vocation sociologique et plus largement scientifique, de leur nouvelle fonction sociale dans un contexte muséal qui commence à évoquer les musées de nos industriels de la fin du XXe siècle comme les premiers outils informatiques ou les villages de vacances…
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puceBassins industriels (suite)

Président : Jean-Marc OLIVIER

Alain BOSCUS
Reconversion industrielle et développement local :
le cas du bassin nord-aveyronnais


Le bassin minier et sidérurgique de Decazeville-Aubin a été sévèrement touché par la désindustrialisation à partir du début des années 1960. Après avoir perdu plusieurs milliers d’emplois, il a dû faire face à la fermeture de ses usines au milieu des années 1980.

Ces deux épisodes successifs ont donné naissance à des politiques publiques de reconversion puis de réindustrialiation dont les résultats n’ont pas été probants, en dépit des moyens engagés et, parfois, de l’originalité des réponses envisagées par les différents acteurs (locaux, départementaux, régionaux, nationaux et européens) pour mobiliser et attirer les capitaux et les talents (société de développement, classement en pôle de conversion…).

Ce bassin a aujourd’hui perdu une bonne partie de ses forces vives (vieillissement de la population, déclin commercial, absence de véritable atout industriel, sous-développement des emplois de service, précarisation des postes, faiblesse des équipements urbains, mise en difficulté des budgets communaux…). Pourtant, ces dernières années, les acteurs locaux se sont mobilisés et œuvrent à présent dans le sens d’une dynamique nouvelle.

Cette communication s’attachera à mettre en évidence, à partir de ce cas d’école, les carences des politiques publiques menées ces quarante dernières années, les stratégies globales des entreprises et le jeu contradictoire des différents acteurs et forces qui œuvrent dans le domaine du développement local et régional.

Sylvie VABRE
L’industrie fromagère dans la filière agro-alimentaire :
l’exemple du roquefort et de la Société des caves
au XIXe siècle


« Industrie fromagère » : cette expression est utilisée pour la première fois en 1850 dans le titre d’une brochure publiée à propos du roquefort et témoigne d’un réel changement. En effet, si en 1762 « industrie » signifie « l’adresse à faire quelque chose », un siècle plus tard sont désignées ainsi « toutes les opérations qui concourent à la production de richesses : l’industrie agricole, l’industrie commerciale et l’industrie manufacturière ». C’est donc au milieu du XIXe siècle que l’art fromager s’est mué en industrie fromagère à Roquefort. Au regard de l’ensemble des industries alimentaires et notamment fromagères, les industries du village sont à la fois précurseurs et porteurs d’originalité. La Société civile des caves, née en 1851, produit plus de la moitié du fromage jusqu’en 1914. Elle constitue un modèle de choix pour observer les traits originels d’une industrie agroalimentaire aujourd’hui toujours fondamentale en Midi-Pyrénées.

Jean-Michel MINOVEZ
Midi-Pyrénées, première région du cardé


Apparue au Moyen Âge, l’industrie textile régionale se développe et atteint le maximum de son extension géographique au cours des XVIIe et XVIIIe siècles. Au tournant des XVIIIe et XIXe siècles, un grand nombre de centres disparaissent ; seule la région de Castres et de Mazamet se développe d’une manière significative avant d’être rejointe par le Pays d’Olmes avec les centres de Lavelanet et de Laroque. Ces deux derniers restent les seuls à poursuivre leur croissance durant la Grande Dépression et rejoignent au, XXe siècle, les centres tarnais. Durant la première moitié du siècle dernier, les deux territoires deviennent les leaders nationaux dans le cardé puis dans les années 1970 dans le domaine du textile habillement de la laine. Cela confère une originalité à la région : elle poursuit son développement, jusqu’aux difficultés des années 1980, grâce à une industrie textile qui intègre toutes les phases de son traitement jusqu’à la production de tissus et de bonneterie ; cette croissance s’effectue dans l’absence presque totale du tissage et de la filature peignés, si porteurs du XIXe siècle jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale. Dans la seconde moitié du XXe siècle, la force des deux territoires a résidé dans la forte capacité d’adaptation matérialisée notamment par la recherche de fibres innovantes, la qualité de l’ennoblissement et le développement des produits à forte valeur ajoutée et des textiles techniques.

Réfexion générale

Robert MARCONIS
Enclavement et désenclavement aux XIXe et XXe siècles en Midi-Pyrénées, un facteur essentiel de remise en cause d’anciennes industries et d’émergence de nouvelles


Conclusion du congrès
par Denis Woronoff
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