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Les fours à chaux hydraulique du Bazert, quartier de La Pelade

Communes de Gourdan-Polignan/Seilhan

Le plan présenté, coté 2 O 224/9 (2), fut dessiné à l'occasion de la prolongation du bail à ferme des fours à chaux communaux en 1884. C'est Jean-Baptiste Ledeuil dit Bourguignon qui en a alors la charge. Le surnom de ce chaufournier n'est nullement usurpé puisqu'il naquit le 4 juillet 1835 à Baulme-la-Roche en Côte d'Or, région connue pour ce type de production. Son bail fut prolongé pour neuf ans aux conditions qu'il effectue certains aménagements sur le site, notamment l'établissement d'une voie ferrée, longue de 69 mètres, permettant la circulation d'un wagonnet pour le transport des pierres jusqu'aux fours.



Le plan découvre l'intégralité du site, avec le front de taille où étaient extraits les blocs calcaires. Ce front présentait une paroi verticale de 25 à 30 mètres de haut extrêmement dangereuse, selon un document daté de 1892 (A.D.H.G. : 7 S 16). Les blocs calcaires étaient ensuite acheminés par des rampes d'accès jusqu'aux fours, de forme cylindrique, et ayant, si l'on s'en réfère au plan lui-même, 2,40 mètres de diamètre. Les fours étaient alimentés par une ouverture située en haut, appelée « gueulard », où l'on alternait lits de pierre calcaire et charbon. La mise à feu était assurée au pied des fours avec du bois. Le chaufournier devait alors maintenir la température entre 600 et 800°C, tout en veillant au réapprovisionnement du four et à l'entretien du feu. Une fois la cuisson effectuée, la chaux était récupérée en bas par une ouverture nommée « ébraisoir ». La chaux hydraulique, confectionnée avec du calcaire argileux, était très couramment utilisée en maçonnerie.

Jean-Baptiste Ledeuil ne parvint pas au terme de son contrat car il mourut le 14 décembre 1892 dans sa maison du Bazert. C'est sa veuve, née Catherine Roudot, qui reprendra le fermage. Celle-ci, également originaire de Baulme-la-Roche, était fille de tailleur de pierre. C'est lors de son contrat de fermage que la commune de Seilhan fut démembrée de celle de Gourdan-Polignan (1896) et que les carrières et fours du Bazert furent exploités en indivision entre les deux communes.

Les fours à chaux hydraulique du Bazert sont aujourd'hui fermés. Mais si vous allez à Seilhan, le long de la N125, vous verrez toujours les ruines de cet ancien établissement.



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